Il y a quelque chose de pesant en ville, les gens semblent agités, les coupures de courant se font de plus en plus régulières, une étrange chaleur émane du sol, les rats et les champignons prolifèrent, un bruit sourd résonne au loin. Il va se passer quelque chose, c’est le calme avant la tempête. Pour certains, cette attente est insoutenable, d’autres y voient une douce léthargie.

Plague aborde une narration éclatée grâce au temps réel. La forme est un Point and Click synchronisé sur le fuseau horaire local. On y incarne un personnage dans son quotidien citadin, de son appartement à son lieu de travail, en passant par un bar, un parc, un hôtel ou encore des égouts et un cimetière, etc. Le style est emprunté au pixel art, à cette esthétique des jeux vidéo des années 90 (Monkey Island, Broken Sword), les décors sont des plans fixes et animés.

Le scénario est rempli d’une multitude de rendez-vous (150 environ), donnés par les protagonistes au cours d’une semaine en boucle, de jour comme de nuit. Ainsi, il faut se rendre au lieu dit le jour dit et à l’heure dite (le jour et l’heure du monde réel) pour avancer dans la compréhension des histoires. Les dialogues sont textuels, agrémentés de quelques intonations sonores et de voix yaourt. Le ton général du jeu est fou, absurde, souvent cynique, parfois corrosif, peut-être poétique? Sans doute indécent !